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Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues,
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Le Département de la Gironde traverse une crise financière sans équivalent dans les autres départements de France. En huit mois, la chambre régionale des comptes a rendu cinq avis sur ses comptes et ses budgets. Le budget 2026, adopté en avril sans équilibre réel, a dû être revoté en juin. L’encours de la dette atteignait 1,23 milliard d’euros à la fin de l’année 2025. Un nouveau seuil vient d’être franchi : avec un déficit 2025 rectifié à 142,4 M€, soit 6,97 % de ses recettes de fonctionnement, le Département dépasse le seuil légal de 5 % et bascule dans le régime du "déficit excessif". Ce n’est pas une affaire de comptables : ce sont les politiques départementales dont dépendent nos territoires qui sont en jeu.
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Avec les élus du groupe Gironde Avenir, je souhaitais vous rendre compte de la séance plénière de ce lundi 12 octobre, au cours de laquelle deux dossiers majeurs étaient à l’ordre du jour.
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L’avis de la chambre sur les comptes 2025. Le compte financier unique voté par la majorité affichait un déficit de 38,6 M€. La chambre l’a porté à 142,4 M€. En cause : 92,1 M€ de dépenses de 2025, dont 48,2 M€ de RSA, qui n’avaient pas été rattachées à l’exercice, "soit par insuffisance de crédits disponibles, soit par habitude". Et ce montant n’est, selon la chambre elle-même, qu’une "hypothèse basse". Elle n’envisage pas de retour à l’excédent de fonctionnement avant la fin de l’année 2029, bien au-delà du mandat. Si la chambre juge que le budget 2027 ne prend pas de mesures suffisantes pour résorber le déficit, c’est la préfète qui le réglera, sur sa proposition. Un avis d’une telle gravité méritait un véritable débat : l’exécutif s’est contenté d’un simple "donner acte".
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La décision modificative n° 1 du budget 2026. La chambre demandait d’y intégrer ses rectifications de sincérité. La DM1 ne le fait qu’en partie. Elle creuse encore de 3,5 M€ le déficit de fonctionnement du budget principal, porté, selon nos calculs, à 123,1 M€. C’est 15,7 M€ au-delà de l’objectif du plan de retour à l’équilibre de la majorité, et 4,5 M€ au-delà de la cible actualisée par la chambre en mai. Elle contient pourtant de vraies économies, plus de 6 M€, mais d’autres dépenses progressent davantage : les dépenses réelles de fonctionnement augmentent encore de 1,83 M€. Elle ne dit rien des intérêts moratoires dus aux entreprises payées en retard. Elle ne dit rien non plus des 11 M€ estimés pour les incendies de l’été, alors même que les crédits du réseau routier et des mobilités baissent de 3,4 M€. Nous avons logiquement voté contre, en cohérence avec notre vote sur le budget primitif.
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Nos 44 recommandations pour sauver le Département, présentées en décembre 2025, proposaient déjà un plan d’actions daté et public, un suivi mensuel du redressement et un plan anti-arriéré des factures. L’avis de la chambre en confirme la pertinence. Nous avions vu juste.
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Lors de la séance, nous avons demandé :
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1. Un vrai débat sur l’avis de la chambre, plutôt qu’un simple "donner acte", et une réponse écrite de l’exécutif à chacune de ses demandes.
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2. Une décision modificative n° 2 lors de la prochaine séance plénière, et au plus tard le 21 janvier 2027. Elle doit intégrer l’intégralité des rectifications de sincérité que la chambre attendait dès la DM1, les inventaires de toutes les directions générales et les crédits d’intérêts moratoires.
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3. Le compte financier unique 2025 rectifié par la chambre comme référence de tous les documents budgétaires, comme la chambre le fait elle-même pour le suivi du redressement.
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4. L’inventaire complet des dépenses 2025 non rattachées, pour toutes les directions générales, ainsi qu’un contrôle centralisé des justificatifs de fin d’exercice par la direction des finances.
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5. Un montant d’intérêts moratoires précisément documenté, à partir du recensement intégral des factures réglées au-delà de 30 jours. Et la mise en place du "Plan anti-arriéré des factures" que nous proposons (recommandation n° 15), étendu à toutes les dépenses sociales, RSA compris.
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6. La réduction de l’autorisation d’emprunt à hauteur de l’excédent réel d’investissement.
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7. L’inscription explicite des dépenses liées aux incendies de l’été, avec un programme identifié pour les routes touchées.
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8. Une programmation des investissements hiérarchisée, projet par projet : prioritaire, engagé ou reportable (recommandation n° 40), pour que les reports de 2026 ne deviennent pas des surcoûts en 2027.
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9. Un PRE actualisé jusqu’à l’apurement effectif du déficit, donc au-delà de 2028. Il doit intégrer les mesures de redressement proposées par la chambre pour 2027 et les années suivantes, dont la réduction de l’encours de dette : 11,5 M€ en 2027, 9,5 M€ en 2028 et 7,5 M€ en 2029. Et un tableau de bord public et mensuel du redressement (recommandations n° 1, 2, 7 et 11).
Vous trouverez ci-dessous :
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- les interventions de nos élus lors de la séance plénière du 12 octobre 2026
- le communiqué de presse
- le dossier de presse
- l'interview de Jacques Mangon par TV7 sur la gestion des finances du département
Depuis 2022, nous alertons sur des prévisions irréalistes et sur le manque de transparence de la majorité départementale. Nous continuerons, à vos côtés, d’exiger la transparence et la sincérité budgétaire que les Girondines et les Girondins sont en droit d’attendre.
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Enfin, le groupe se réjouit que certains de ses membres aient été élus Sénateurs. C'est d'ailleurs mon cas. Comme je l'ai indiqué au journal Sud Ouest, je fais le choix de la cohérence et décide de rester Conseiller départemental.
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Conseiller départemental et Président du groupe Gironde Avenir Sénateur de la Gironde
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